L’homme et les nouvelles technologies, chapitre 2 : Alain Damasio.

DamasioDans la première partie, on s’est intéressé surtout à l’incidence des nouvelles technologies sur l’espèce humaine, son corps, son cerveau, son génome et quelques questions philosophiques que cela soulève. Nous avons vu que certains veulent changer l’espèce, faire de l’homo sapiens sapiens 2.0 et que la technologie rend ce projet possible et réaliste.

Aujourd’hui, je vais davantage m’intéresser à l’incidence des nouvelles technologies sur la société humaine dans son ensemble, la politique et sur les rapports que l’homme entretient avec la technologie. La technologie change l’homme, son comportement, ses facultés et les rapports humains sans même s’attaquer à sa biologie.

Alors ce sont des thèmes qui se recoupent, forcément, avec celui du premier article et vice versa.

Bref, j’appelle… Monsieur ALAIN DAMASIO

Cet auteur de science fiction très engagé nous met en garde face à ce qui accompagne la technologie mais qui n’est pas inscrit sur la notice : La dépendance, le fait de déléguer des compétences qu’on perdra peu à peu.

Si ça n’était que ça… Le problème principal est la prise de contrôle sur nos vies, l’abandon total de sa vie privée, la soumission progressive à des ensembles dominants de plus en plus puissants.

 

Le totalitarisme moderne est mis en place par les consommateurs eux-mêmes. Le kapoconsommateur se surveille tout seul, glorifie ses marques préférées et dirige l’humanité toute entière vers une norme qui ne me plait pas. La société de contrôle imaginée par la science fiction est dépassée par la réalité.

Pour réfléchir vis à vis de ça, un tas d’auteurs peuvent nous donner des pistes de réflexion :

J’invite Floxy à les donner en commentaire, il fera ça beaucoup mieux que moi.
En attendant je vous laisse avec une interview d’une heure de Damasio, et une conférence du même calibre.

ça vaut le détour et je pèse mes mots. C’est concret, puissant et ça retourne bien le cerveau comme il faut.

« Dire que la technique et la machine sont globalement neutres est pour moi stupide, parce qu’en aval, la machine provoque, produit des effets et qui sont souvent non anticipés.
Exemple : le portable. Quand on a crée le portable, l’idée c’était de dire qu’on va avoir un téléphone qui permet de joindre n’importe qui, n’importe quand, de n’importe quel endroit. OK… Nomadisme du téléphone. Sauf qu’on n’avait pas anticipé le succès des SMS, que ça allait permettre de géolocaliser, par triangulation des antennes mobiles, les gens. Qui dit géolocaliser dit surveiller dit contrôler. »

« Jouer à candy crush, c’est de la lobotomie. »

C’est pas la citation la plus forte de l’interview mais putain qu’est ce que je suis d’accord avec ça.

Damasio parle du « technococon », cet ensemble technologique qui nous accompagne, nous aide dans un premier temps, mais qui peut finir par nous materner, nous diriger.

Un peu de lecture pour changer, « la rage du sage », un texte génial publié sur une pochette de CD. Un appel à la résistance, à la révolte, à la vie. Il comporte 4 chapitres assez équivoques :

  1. Je me tue à dire Je

  2. Big Mother is washing you

  3. Le banal canal anal par où le capital t’encule

  4. Memento Mori

 

On poursuit avec deux articles publiés récemment par Damasio :

Voilà pour ce qui concerne le sujet. Je ne peux cependant pas évoquer Damasio sans parler de « la zone du dehors », son premier roman.

Et j’en parlerai plus tard parce que je suis fatigué mais que j’ai quand même envie de publier ce putain d’article, et je fais ce que je veux.

Sérieusement, lisez la rage du sage, bien illustré ici sur un blog  (y’a 4 parites hein !!!) c’est pas trop long, c’est vraiment brillant et bien écrit.

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